Sunday, 15 August 2021

Quinzaine en mer Rouge avec Diving Attitude

Amarrage à Gota Sataya
Le capitaine Ibrahim surveille l'amarrage

Une nouvelle fois, je suis allé en Égypte, ou plus précisément en mer Rouge, pour une croisière plongées avec Diving Attitude. Cette fois, nous étions hébergés sur l'Atlantis, avec comme moniteurs Ariane, Lionel et Mathilde, qui est en apprentissage croisière et qui devrait passer son OWSI en septembre. En plus de ça, tout un équipage chapeauté par Ibrahim, le capitaine du navire, s'occupait de nous et de tous nos besoins.

31 juillet

Trajet

Avec COVID, les procédures de voyage en avion sont encore plus compliquées qu’avant. Il faut s’assurer de bien remplir tous les documents et même, de les envoyer en ligne dans certains cas. Ceci fait, rien ne garantit que le voyage pourra être fait.

Un sac en soute et un sac en cabine, chargés de presque 5 kg de fromages et saucissons secs. En pesant chez moi, j’étais à plus de 27 kg pour le bagage en soute. Mais à l’aéroport, je n’avais que 24.6 kg, ce qui n’a pas empêché le bagage drop automatique de m’informer que je devais passer par un agent humain pour déposer mon énorme sac de plongée. Heureusement, une dame fort sympathique qui doit faire cela toute la journée, avant de me faire passer devant la longue file de gens qui n’avaient pas imprimés de carte d’embarquement, m’a dit d’enlever des objets de mon sac.

poisson faucon sur Thomas Reef

Une fois passé, le reste du voyage s’est passé sans anicroche. Je n’ai même pas eu de souci lié à ma musculature dorsale qui me cause du mal suite à la hernie discale de l’année passée.

Arrivé à Hurghada, je suis sorti parmi les premiers de l’avion, pour ensuite attendre que mon bagage sorte plus ou moins en dernier. Mais aucun souci, je n’étais plus pressé. Le visa m’attendait et Carole qui venait aussi du vol GVA – FRA – HRG n’était pas encore sortie de l’avion.

Nous avons eu un transfert aisé et rapide jusqu’à la marina devant le Mariott. Ariane et Mathilde nous attendaient à l’entrée, pour nous emmener vers l’Atlantis, qui allait être notre maison pour les deux prochaines semaines.

Après avoir préparé nos affaires et nous être installés dans nos cabines respectives, nous avons commencé l’apéro.

1er août

Sha’ab El Erg – Ghiannis D

Thistlegorm
Cette première journée marquera à toujours les annales de mon parcours de plongeur. Bon, pas les petites anicroches avec mon appareil photo : première plongée, je pensais qu’il ne s’enclenchait pas, alors que c’est juste le LCD qui ne s’affichait pas à cause de la configuration ; seconde plongée, j’ai laissé le cache sur l’objectif. Non, le vrai scoop, c’est d’avoir passé 15 minutes avec une dizaine de dauphins sur le Ghiannis. C’était magique, il nous tournait autour, passaient entre les plongeurs, s’amusait, faisaient buller de l’air de leur «narine». À plusieurs reprises, ils sont venus droit en face pour me passer à quelques dizaines de centimètres près. J’essayais de bouger comme eux (forcément c’était raté), mais ça ne les décourageait pas.

La première plongée n’était pas marquante. Je me suis complètement perdu pendant que j’essayais de m’y retrouver avec mon équipement. Mon binôme Guillaume a dû prendre le relai, malgré qu’il n’avait pas écouté le briefing. Nous avons fait le tour du récif dans les temps et retrouvé le bateau sans problème.

Sur ces deux premières plongées, j’ai aussi pris mon appareil photo avec moi. À la toute première, je pensais qu’il ne s’enclenchait pas, alors que c’est juste le capteur EVF qui, caché par le couvercle de mon boîtier, gardait l’écran LCD éteint en permanence. Je n’ai même pas songé à regarder directement dans l’œillet. Pour la deuxième plongée, j’ai laissé le couvercle sur l’objectif.

2 août

Rosalie Moller – Thistlegorm – Thistlegorm

Thistlegorm
Sur le Rosalie Moller, c’était la première occasion pour nous de prendre une pony avec un mélange à peu près 50/50 (50 % d’oxygène et 50 % d’azote). Ceci pour désaturer plus vite l’azote en fin de plongée. Bien entendu, pour que l’ordinateur de plongée suive la même courbe, il faut pouvoir lui indiquer le second mélange ainsi que le changement pendant la plongée. N’ayant pas investi dans un nouvel ordinateur de plongée, le mien ne le permet pas. Cependant, Ariane, l’une des monitrices, m’a prêté le sien. Ce n’est naturellement pas terrible de changer d’ordinateur pendant une semaine de plongées, mais je ne pouvais pas prendre le mien avec sans faire un pallier prolongé.

4 août

Ras Mohammed (Shark and Yolanda) – Woodhouse Reef – Gordon Reef

Après avoir finalement compris comment faire pour prendre des photos avec mon nouveau boîtier et mon nouvel appareil photo, je pensais que tout se passerait bien. Mais non ! Erreur ! Grave erreur ! Mon boîtier est limité à 40 mètres et je pensais qu’il y avait une marge d’erreur possible. Soit ce n’est pas le cas, soit cela n’a rien à voir. En remontant tranquillement, j’ai encore pu photographier un poisson faucon. Un peu plus tard, vers les 16 mètres de fond, j’ai constaté de la buée dans mon boîtier, ce qui m’a passablement surpris et inquiété. Avec raison, car la buée provenait de la flaque d’eau qui s’était infiltrée. Boîtier mal fermé, joints mal scellés ? Je n’en saurais probablement jamais rien.

Gordon Reef, Tiran

Après avoir laissé l’appareil sécher pendant plus de 24 heures, et avoir nettoyé toutes les parties accessibles, je l’ai enclenché. L’écran LCD s’allume, mais les boutons ne fonctionnent pas très bien. Le sel marin, c’est très mauvais pour l’électronique, encore plus quand c’est infiltré dedans. J’ai donc tiré un trait sur mon appareil, que j’essaierai de faire nettoyer en rentrant.

Pour la plongée, c’est carrément mieux sans appareil car il n’y a pas de stress pour obtenir un bon cliché avec la déception qui l’accompagne en règle générale, les sujets sont à voir, non à photographier, etc. La plongée est beaucoup plus tranquille. Mais c’est aussi une déception de ne pas photographier ses propres plongées. Mais d’autres le font et sont même en train de monter une vidéo (deux d’entre-eux en cours de croisière).

10 août

Sataya Sud – Sha’ab Claudio – Small Gota Sataya

L’amarrage sur les sites de plongées se fait avec des boots permanents qui sont installés et maintenus par une association nationale (HEPCA). Ceci permet d’éviter que les récifs soient abîmés de partout par les différents bateaux venant s’y amarrer le temps d’une plongée et/ou d’une nuitée.

Thomas Reef, Tiran
À Sataya Sud, nous avons pu faire du PMT (palmes, masque et tuba) avec les dauphins qui se reposent dans le lagon. Nous y sommes restés environ une heure entre deux plongées. Ce qui nous a empêché de faire une bonne sieste. Mais ce n’est pas grave, car le moment «dauphins» était vraiment chouette ! Les dauphins étaient entre nos palmes, mélangés, joueurs, curieux. Ils avaient des petits, faisaient leurs petites affaires et globalement, s’amusaient. Ils sont au lagon en général jusqu’au crépuscule, heure où ils partent en quête de nourriture, qu’il localisent grâce à leur «gélule» dans la bosse de leur cerveau qui leur sert de front. Le retour des ondes se fait par leur rosse.

Les dauphins servent du lait maternel jusqu'à ce que leur progéniture atteigne l'âge de 5 ans. Il s'agit d'un lait super-protéïné qui nous rendrait ultra-malades. La maturité sexuelle des dauphins est à 13 ans. L'hydrodynamisme des dauphins est tellement complète que les organes sexuels mâles et les tétines sont rentrés sous la peau quand ils ne sont pas utilisés, un peu comme les trains d'atterrissage des avions.

11 août

Sha’ab Maksour Nord – Sha’ab Maksour

l'heure de l'apéro
Nous n’attendions rien de bien exceptionnel sur ce plateau de Sha’ab Maksour (récif cassé). Après plusieurs plongées où l’on nous informait d’une grande probabilité de voir du requin marteau et autres requins, nous n’avions plus trop d’espoir. C’est là qu’une raie manta est venue nous rendre visite, a tourné autour et au-dessus de nous, est passée à travers nos bulles et a passé 10 à 15 minutes avec nous.

C’était un excellent début de journée !

Finalement, enfin une plongée de nuit pas annulée. Mais je ne l’ai pas faite, car je me sentais déjà bien fatigué.

12 août

Elphinstone Sud – Elphinstone Nord

Après une nuit de navigation, nous nous sommes réveillés sur Elphinstone, un récif allongé orienté environ nord – sud. La vue de plusieurs autres bateaux amarrés ici nous a surpris après notre passage relativement solitaire dans le sud de la mer Rouge égyptienne. Il y en avait au moins 6, l’Atlantis inclus.

Ce matin, nous sommes partis directement du bateau amarré sur Elphinstone Sud. Le courant était relativement faible, mais s’amplifiait progressivement, plus nous nous approchions de la pointe du récif. Le retour s’est fait par l’ouest.

corail de feu à Gordon Reef, Tiran
Pour la deuxième plongée, nous sommes partis en zodiac sur la pointe nord du récif. Ariane et Mathilde ont vérifié le courant, qui était assez fort. Nous avons été largués un peu trop au large du récif, ce qui fait que nous avons de palmer sec pour rejoindre le plateau. Une fois arrivés sur le plateau, le courant était beaucoup plus faible. Nous sommes restés un moment. Moi, j’avais commencé à avoir mal à la tête, une barre sur le front. L’habituel, quand on respire fort et qu’on est un peu déshydraté et fatigué. De retour au split, la courant à contre-sens s’est de nouveau intensifié, mais nous avons aisément pu force le passage sur le côté ouest et avons rejoint la pointe sud sans palmer davantage.

Je me demandais si nous arriverions jusqu’au point d’amarrage des bateaux, car le courant a ralenti en cours de chemin. Le doute s’est levé, quand après une vingtaine de minutes de dérive, nous avons vu les boots du Blue Force 3, le bateau amarré au récif avant l’Atlantis, notre embarcation.

Arrivés au boot du Blue Force, j’ai d’abord vérifié s’il s’agissait de notre bateau ou non, ayant oublié que le Blue Force 3 avait amarré là avant nous. Voyant deux échelles à l’arrière du bateau et aucune mention «Atlantis» sur la coque, j’ai compris que ce n’était pas chez nous. J’étais un peu loin du récif déjà, et j’ai lancé mon parachute, pendant que Guillaume était retourné à la surface vérifier la configuration des amarrages. Après cela, tout s’est passé très vite. Non ce n’est absolument pas vrai, mais c’est là que le sport a commencé. 

cloche sur l'Atlantis
Guillaume ne m’a pas suivi et j’avais le parachute à la surface. Aucun moyen de faire marche arrière à contre-courant. J’ai donc du négocier un passage un peu tendu entre bateaux, zodiacs amarrés et boots pour traverser jusqu’à l’Atlantis. Une autre palanquée qui n’avait encore pas sorti de parachute a pu passer sous le Blue Force 3 pour rejoindre notre maison. Ce n’était pas mon cas. Après avoir réussi à repérer l’Atlantis, j’ai essayer de palmer à contre-courant intense tout en voyant que ni l’échelle, ni le bloc de secours n’étaient dans l’eau. L’équipage ne nous attendait pas du tout à cet endroit. J’ai même laissé dériver mon parachute pour palmer plus efficacement et essayer de rejoindre l’Altantis, mais cela me coûtait un énorme effort, pour très peu d’avancement. La distance avait malgré tout plutôt tendance à s’agrandir qu’à diminuer. La famille de quatre avait réussi à s’approcher de l’Atlantis, et même à le rejoindre en attrapant une bouée, j’ai appris plus tard.

J’ai décidé d’abandonner la course folle, de me concentrer sur échapper au navires environnant et retrouver un zodiac. Patrick était dans la même idéologie et s’approchait de la surface quand un zodiac nous a rejoint. Seulement, mon parachute était à six ou huit mètres, ce qui fait que je n’étais pas dessous et donc il fallait que je fasse très attention au zodiac qui se concentrait sur Patrick. Une fois Patrick dans le zodiac, j’ai décroché mon bloc de droite et rejoint la surface. Nous étions entre deux autres bateaux. Pour faire au plus vite j’ai passé mon parachute avec sa ligne encore partiellement débobinée à Patrick, passé mon bloc à Patrick, passé mes palmes au zodiacman et monté dans le zodiac avec mon bloc de gauche. Après cela, nous avons encore récupéré d’autres palanquées au milieu des bateau amarrés.

C’était une belle aventure.

14 août

Trajet retour

Toute chose a une fin, et c'était le cas aussi pour cette croisière. La fin annoncée était à Port Ghalib, au sud de Marsa Alam, ce qui impliquait un trajet en bus de trois heures jusqu'à l'aéroport de Hurghada. Comme à notre habitude, nous devions nous lever relativement tôt, mais toujours après le soleil, c'est-à-dire de façon à être prêt au départ vers les 5h45. Tout le monde ne partait pas en même temps, mais le vol pour Paris et le vol pour Zürich allait partir environ à la même heure.

coucher de soleil à Zabargad

À part le petit accrochage de l'aile gauche de notre avion par un escalier roulant à l'arrivée à Genève, il n'y avait rien de remarquable. Comme toujours, de multiples adieux, des regards heureux et un peu tristes en même temps, les remerciements divers, les derniers échanges de souvenirs partagés avant de  se quitter et finalement, le désamarrage, le départ, le retour, la fin du voyage, de l'aventure, des vacances.

Tout ça tout ça.

Monday, 11 January 2021

La Dôle en raquettes

La Dôle, je l'ai pratiquée maintes fois, mais surtout en été. Jamais en hiver. Cette année, avec la fermeture des salles de grimpe (de sport en général, mais je pratique la grimpe), j'ai décidé de redonner une chance à l'hiver et à la neige. Et j'apprécie beaucoup plus qu'avant. Je préfère maintenant des températures clémentes aux grandes chaleurs que j'ai peine à supporter. C'est l'âge, vous me direz. En tout cas, tout bien équipé que je le suis maintenant, je n'ai eu aucun problème avec le froid.

La météo était annoncée au grand beau.

Mais quand je suis parti de chez moi, il y avait une belle couche de nuages. Impossible de savoir à quel niveau se situait leur limite supérieure.

Alors je suis parti.

Arrivé à Saint-Cergue, c'était toujours hyper couvert. Un gars qui habite à côté de la cabane des Archettes (refuge de la Barillette) m'a dit que ça s'était couvert le matin même. Pas de bol. Je suis parti malgré tout, décidé à faire changer la météo par ma volonté même. Même pas peur!

Dans le brouillard

Je n'aurais pas eu besoin de m'inquiéter, étant donné qu'une centaine de mètres plus haut, j'ai commencé à apercevoir le premier bout de ciel bleu. Plus je montait, moins il y avait de brouillard. C'était top. Et tout d'un coup, je la surplombais, cette couche nuageuse. C'était beau.

En arrivant sur la flanc lémanique, j'ai vu que tout le bassin lémanique avec le lac et jusqu'au Alpes en face était couvert de nuages. Là une brève mais forte émotion m'a fait crier de joie!

La première vue du bassin lémanique

L’ascension n'était pas aisée, car peu d'entraînement cardio et peu de randonnée cet année m'ont laissé le souffle un peu court. Mais ce n'était pas difficile, je connais la région et je savais que j'avais beaucoup de temps devant moi.

La Dôle depuis le col de Vuarne

J'ai donc pris le temps d'adapter ma sangle d'appareil photo à ma grosse doudoune hivernale, de prendre des photos, d'observer les trois différents groupes de chamois que j'ai croisés, de manger un bout au sommet, de faire un ange des neiges, de rester un peu plus longtemps au soleil en faisant le zouave... bref, j'me suis amusé.

Un chamois indépendant, du premier groupe

J'ai rencontré plus de chamois que de gens à cette sortie, ce qui était très agréable.

Mais plus je restais, plus les gens commençaient à affluer. En arrivant aux Archettes, j'ai vu que le parking était plein et que des gens se mettaient encore en route. Il était environ 14h30.

Le bob, c'était une chouette idée, mais pour plusieurs raisons, ça ne l'a pas trop fait. D'une part, c'est un bob pour enfants, donc trop petit pour moi, et mon dos en a souffert. D'autre part, le temps que j'enlève les raquettes, que je les fixe au sac à dos après en avoir décroché le bob, j'aurais déjà été en bas. Mais c'était rigolo quand même.

Mon équipement

En tout cas, c'était une magnifique journée!

ça c'est quand je fais le zouave