Sunday, 26 May 2019

Soudan 2019 au son de la cloche

C'est bien la première fois que je réserve mes vacances 6 mois à l'avance.
Ceci dit, ce n'étaient pas des vacances comme les autres. Même pas une croisière comme les deux dernières. C'était une de ces recettes qui vous font passer des vacances incroyables, inoubliables et fantastiques!

Aéroport de Port Soudan
"Bon alors tu vas au Soudan, et tu vas nager avec des requins."



Alors déjà de un, nous sommes des plongeurs. Et de deux, oui c'est ça.

C'est à peu près la réplique standard des gens quand je leur dis que je vais au Soudan pour voir des bancs de requins marteaux. Il faut dire, qu'en plus du Soudan d'être un pays très peu populaire pour les touristes, son gouvernement s'est fait démettre à peine deux semaines avant mon départ.

Revenons d'abords un peu en arrière. En juin 2018, j'ai participé à une croisière en Égypte avec Diving Attitude. A la fin de celle-ci, les moniteurs et guides nous ont gentiment informés que chaque année, ils envoient un bateau naviguer au large du Soudan pendant 3 mois.

Port Soudan
Cela m'a marqué, et après avoir laissé mûrir l'information dans mon esprit, j'ai finalement décidé de m'inscrire à l'une de ces croisières.

Pour ceux qui connaissent les croisières en Mer Rouge, préparez-vous à faire escale à Dubaï overnight et à payer beaucoup plus cher la totalité du voyage. Des vols Turkish Airlines devraient bientôt faciliter l'accès à Port Soudan.

Revenons à nos marteaux!
Port Soudan

Le vol Fly Dubai de Dubaï à Port Soudan est composé de deux catégories de personnes, principalement : le personnel de bord et d'avides plongeurs. J'y ai d'ailleurs rencontrés deux de mes co-croisiériens et le reste de leur petit groupe de rebreathers à l'arrivée.


A Port Soudan, il y avait une personne qui collait les visas dans nos passeports, suite à quoi, nous devions passer nos sacs de cabine dans le scanner. Ceci fait, nous sommes sortis du petit aéroport pour embarquer dans des bus qui nous emmèneraient à la marina. Marina que nous avons vue du ciel, avec quelques 4 ou 5 bâteaux de croisières amarrés. Les chauffeurs se sont entraidés pour charger les sacs de plongée sur le toit des véhicules. Enfin, à deux par véhicule, tous les sacs pesant entre 20 et 40 kg ont pu être chargés et nous avons pu partir, une bouteille d'eau à la main.

Le trajet était sans intérêt particulier à travers des zones quasi inhabitées du désert soudanais.

Umbria
Arrivé au débarcadère, une petite troupe de locaux nous regardaient embarquer sur les différents bateaux. Le soir, des chaises alignées sur la jetée se remplissaient de locaux venant y boire le thé et passer du temps à discuter sous des températures plus clémentes.

A bord, Hélène, Rémi, Niko et Noémie nous ont chaleureusement accueillis. A part une personne, Magali, qui venait d'Ethiopie, tous les passagers sont arrivés avec le même vol. Ce qui nous a permis de faire le briefing initial le même soir, et de faire 3 plongées dès le premier jour. C'est à ce moment qu'on nous rappelle que nous allons vivre au son de la cloche pour les prochains dix jours.
Umbria

La cloche.
La première cloche annonce qu'il faut aller préparer son matériel de plongée.
La seconde cloche annonce le briefing pour la plongée.
La troisième cloche annonce le repas.
Et ça se répète trois fois par jour.

La journée.
Une journée se vit au son de neuf cloches, trois plongées, trois repas et un apéro.
Au petit matin, entre cinq heures et demie et six heures environ, un moniteur vient frapper violemment à la porte de la cabine pour réveiller les derniers endormis.
Perroquets à bosse
Là il se passait environ 15 minutes pendant lesquelles l'on pouvait manger un petit gâteau et boire un thé ou un café. Après cela, la cloche sonnait. Il s'agissait d'aller préparer son matériel et vérifier que rien ne manquait. Ensuite cloche du briefing et briefing puis départ pour la première plongée. Au retour, on range son matériel, on se rince, on se change et là, la cloche sonne le petit déjeuner. En général on s'attend à avoir le repas de midi, mais non, il n'est que huit ou neuf heures.
Après le repas, une pause s'impose, pendant laquelle les passagers se prélassent, discutent, bronzent avant la cloche suivante qui répète le processus pour la deuxième plongée et le repas de midi.
Après la troisième plongée c'est l'heure de l'apéro et plus tard, la neuvième cloche sonne le repas du soir. Après le repas, on discute un peu sur le pont et on va se coucher relativement tôt, pour recommencer tout cela le lendemain.


La préparation du matériel.
Là, il fallait analyser son air pour déterminer le quota d'oxygène (entre environ 28 et 29 pourcent en général) et préparer et contrôler tout son équipement. Pour moi cela voulait dire de mettre mes premiers étages sur chaque bloc, vérifier la quantité d'air de chaque bloc, préparer le caisson avec l'appareil photo, changer la batterie de la lampe sous-marine si nécessaire, vérifier que mes palmes soient au bon endroit et retourner ma combinaison dans le bon sens.

Le briefing.
S'ensuivait la cloche du briefing et le briefing. Souvent amusant et toujours très informatif, le briefing décrit le site de plongée à venir avec une rose des vents pas toujours correcte. Mais surtout, les moniteurs nous indiquaient le parcours de plongée avec une seconde option en cas de courant ou de courant inverse. Le briefing permet aussi de faire les palanquées (binomes ou trinomes) et de séparer les palanquées en deux ou trois zodiacs. Car la plupart du temps, nous faisions des largages en zodiacs.


La préparation et le départ.
Les zodiacs étaient embarqués l'un après l'autre. En général, les circuits fermés et les teks se retrouvaient dans l'un et les circuits ouverts dans l'autre.
Personnellement je devais prendre mes deux blocs de douze litres sur le zodiac. Après un certain nombre de plongées, j'ai commencé à donner un bloc à charger séparément sur le zodiac et à terminer l'équipement une fois désamarré.

Le largage.
C'est le moment critique de la plongée, où la qualité de la plongée se décide. Le moniteur doit à ce moment là vérifier le courant, trouver le split s'il y en a un sur ce site et nous faire larguer sur le split, afin d'éviter la dérive du groupe. C'était d'autant plus important, car la plupart du temps nous partions tous ensembles à la recherche de requins marteaux.

Les plongées.
Les plongées duraient environ soixante minutes.
Lors de plongées à requins marteaux, nous descendions à trente ou quarante mètres afin de voir si un banc se trouvait par là. La plupart du temps, nous en avons vu, en allant quelques mètres dans le bleu. L'avant-dernière plongée était la plus belle, car nous sommes remontés légèrement et les requins nous ont suivis. Certains se sont approchés de très près. Nous ne voyions jamais tous les requins d'un banc, car il était trop grand et trop épars. La taille d'un banc de marteaux peut s'estimer grâce au nombre d'étages, et l'on peut compter une dizaine d'individus par étage.
Après la plongée profonde, nous remontions tranquillement jusqu'à cinq à dix mètres, afin d'y passer du temps de décompression et admirer les jolis paysages sous-marins locaux.

Requin soyeux
Les récifs.
La qualité des récifs est extraordinaire au Soudan. Ceci parce qu'encore que très peu de plongeurs se rendent annuellement au Soudan. Il n'y a pas non plus de sur-pêche, ni de pêche destructive (dynamite, râclage, etc.). La faune y est super-abondante ce qui rend les fins de plongées sublimes et mémorables.

Notre première plongée s'est passée sur le site de Précontinent II,  la capsule sous-marine de l'équipe à Cousteau. Cette capsule a été immergée à onze mètres de fonds avec un garage à jets afin de faire des expériences de physiologique sous l'effet de la pression sous-marine. Une autre capsule se trouvait à vingt-sept mètres de profondeur.

Requin soyeux
Un jour, après avoir terminé la partie profonde, nous sommes arrivés sur la tranche du récif sur lequel nous plongions. Avec Guillaume, mon binome, nous sommes tombés sur un troupeau de perroquets à bosses. J'avais l'impression de voir et d'entendre un troupeau de vache sur un alpage. Le bruit d'un perroquet qui croque son bout de corail est très particulier et unique sous l'eau.

Les jeux de lumières sur l'épave Umbria nous ont émerveillés.

Au début, je m'inquiétais passablement à cause du potentiel mal de mer. Heureusement, nous avons eu une météo absolument fantastique avec très peu de vent et en conséquence très peu de houle. Ce qui n'était pas le cas de la croisière juste avant nous. Ouf !

La semaine était suivie par Nono (ou Noémie) qui filmait nos aventures sous-marine, afin de nous composer un film complet dont voici un résumé.


A la fin du voyage, afin de passer le temps avant de retourner à l'aéroport, nous avons eu l'occasion de brièvement visiter Port Soudan à bord de tuk-tuks. C'était une expérience intéressante. De plus le petit côté "asiatique" avec le tuk-tuk est amusant. 

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